Groupement National Interprofessionnel des Semences et plants
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Les agriculteurs-multiplicateurs, une expertise française

26 avril 2017

Qu’est-ce que la filière semences ?

Spontanément, le mot semence évoque généralement des chercheurs, des laboratoires, parfois des pépinières, des serres, des parcelles d’essais. Il évoque plus rarement les usines où les semences sont triées, traitées, conditionnées, et presque jamais les agriculteurs-multiplicateurs. Et pourtant !…

La France est le premier pays producteur de semences en Europe, avec plus de 353000 hectares pour 2016. Les semenciers passent des contrats avec des agriculteurs-multiplicateurs pour multiplier toutes les générations de semences de plusieurs milliers de variétés de toutes espèces : betteraves, céréales, fourragères, gazon, lin, chanvre, maïs, sorgho, colza, tournesol, pomme de terre, pois protéagineux, potagères et florales…et permettre ainsi une diffusion rapide du progrès génétique vers l’ensemble des agriculteurs.

 

L’expertise technique des agriculteurs-multiplicateurs

La multiplication des semences et plants est un métier bien spécifique, mobilisant des compétences particulières. La qualité de la semence produite en dépend !

Un exemple de culture délicate : la production de semences d’oignons

Dès le départ, l’agriculteur-multiplicateur doit placer les bulbes dans la meilleure position. Pour cette production de semences, la pollinisation par les insectes est essentielle et l’agriculteur doit disposer 4 à 10 ruches par hectare.

La date de récolte demande une surveillance régulière. Deux jours de retard et une grande partie des semences est déjà tombée au sol !

La récolte est le plus souvent manuelle et nécessite 12 à 15 personnes par hectare. Les ombelles qui portent les semences sont délicates. Elles doivent être ventilées au moins toutes les deux heures, séchées pendant 4 à 6 semaines, battues avec précaution car elles sont très fragiles, puis nettoyées avant la livraison à l’entreprise semencière.

Pour assurer une production de qualité, l’agriculteur-multiplicateur n’est pas seul. La multiplication de semences est encadrée par un règlement technique officiel, qui détermine des règles de qualité : origine des semences-mères, isolement de la parcelle, état sanitaire de la culture, épuration des plantes indésirables, conditions de récolte…

Ensuite, l’agriculteur est en relation avec des techniciens de l’établissement producteur de semences avec qui il est en contrat. Ce contrat précise le suivi et le contrôle de la culture, les normes maximales pour la présence d’impuretés, le taux d’humidité…

Les agriculteurs-multiplicateurs font également partie de syndicats professionnels, qui réalisent des essais et diffusent des conseils indispensables pour réussir ces cultures spécialisées.

 

Agriculteur-multiplicateur : le sens des responsabilités

L’agriculteur-multiplicateur est d’abord un agriculteur qui connaît l’importance fondamentale de la qualité de la semence pour réussir une culture. Il se sent responsable vis-à-vis des agriculteurs qui vont utiliser les semences qu’il a multipliées.

Concrètement, il s’agit pour un agriculteur-multiplicateur de produire des semences propres, qui ne soient pas mélangées à des graines d’autres variétés ou d’autres espèces. Il sera très attentif à la qualité sanitaire de sa culture de multiplication. Enfin, il veillera à toutes les opérations techniques qui garantiront la qualité germinative des semences qu’il aura produites.

 

La multiplication des semences, un choix économique pour les agriculteurs ?

La production de semences est exercée par tradition (héritage familial), par passion (goût de la nouveauté et de la technicité), par opportunité (voisinage, rencontre, démarchage par un établissement producteur de semences), mais aussi par choix économique. Cela s’avère d’autant plus pertinent dans le cas d’installation sur des surfaces limitées, car l’atelier semences procure une diversification à forte valeur ajoutée, selon les espèces choisies, palliant l’impossibilité d’agrandir l’exploitation. Ainsi, sur une exploitation de taille moyenne avec une dizaine d’hectares de semences en plein champ à forte valeur ajoutée, il est possible de dégager autant de chiffres d’affaires, voire de revenus, qu’avec quelques centaines d’hectares de grandes cultures. Cette valeur ajoutée provient de la rémunération de deux facteurs : la technicité de ces productions associée à la prise de risques.

 

La France, pays des semences ?

Grâce à la variété de ses sols et de ses climats, la France est un pays particulièrement propice à la production de semences ; 137 espèces y ont été produites en 2016.

Les zones de production de semences se situent parfois dans les zones de cultures auxquelles elles sont destinées. C’est le cas pour les céréales.

Par contre, alors que la production de betteraves sucrières se situe plutôt dans le Nord de la France, celle des semences de betteraves est localisée principalement dans le Sud-Ouest en raison de conditions favorables à la floraison et à la maturité des graines.

Les semences de maïs sont essentiellement produites dans le Sud-Ouest, les Pays de la Loire et l’Auvergne ; les semences potagères, elles, sont une spécialité de l’Anjou, du Centre et du Sud-Ouest ; les semences de tournesol sont multipliées dans tout le Sud de la France.

La production de plants de pomme de terre est assurée par des agriculteurs spécialisés, situés principalement dans le Nord, la Bretagne et le Centre. Par ailleurs, la production de semences de lin est répandue surtout en Normandie.

Ainsi, la France bénéficie à la fois d’une grande richesse de territoires et d’un savoir-faire humain unique. Les agriculteurs-multiplicateurs français apportent une plus-value à l’économie de leur région, créent du lien social en mobilisant de la main d’œuvre, partagent et transmettent leurs connaissances et apportent de la diversité dans les paysages agricoles. Leur compétence est reconnue dans de nombreux pays qui choisissent la France pour multiplier des semences de qualité.

 

Les chiffres clés de la production de semences et plants 2015 – 2016

Ensemble* 248 18 961 378 294
Groupes d’espèces Nb entreprises productrices Nb agriculteurs-multiplicateurs Surfaces de productions (ha)
Céréales à paille & Protéagineux 102 7 348 167 495
Maïs & Sorgho 40 4 319 66 801
Fourragères 46 4036 45 813
Betteraves 16 963 5 193
Pommes de terre 58 771 20 010
Lins & Chanvre 21 1 320 20 060
Oléagineux 60 3 236 28 792
Potagères 80 2 405 24 130

*Le total diffère de la somme car les entreprises et les agriculteurs-multiplicateurs produisent plusieurs espèces

 

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Contact :

Aline Muzard
Chargée de mission médias
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