Groupement National Interprofessionnel des Semences et plants
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La biodiversité des espèces cultivées est-elle protégée ?

06 février 2017

La filière semences et plants, acteur majeur de l’enrichissement de la biodiversité cultivée

La domestication des plantes, une approche millénaire

La biodiversité regroupe l’ensemble du monde du vivant, des organismes, des écosystèmes, des espèces, mais également la diversité des gènes et de leurs assemblages. La biodiversité est souvent assimilée à la multiplicité d’espèces sauvages dans les milieux naturels. Et pourtant… La biodiversité, ça se cultive aussi !
Les plantes cultivées sont des plantes sauvages qui ont été domestiquées. La domestication des plantes, c’est-à-dire leur adaptation aux besoins des hommes, a débuté au Néolithique, avec la sédentarisation des hommes et la nécessité de constituer des réserves alimentaires à partir de cultures de proximité. Elle reposait alors sur la sélection « massale » (faite à la main). Ces derniers siècles, elle a permis d’adapter des espèces des quatre coins du monde aux territoires français (maïs, blé, pomme de terre, tomate…).
Les découvertes respectives de la reproduction des végétaux (vers 1700) et de la génétique (à la fin du XIXe siècle) ont posé les bases scientifiques de la sélection des plantes. La sélection moderne d’aujourd’hui permet d’améliorer les rendements des plantes, d’améliorer leurs qualités nutritives, de les rendre plus résistantes aux maladies, aux parasites, à la sécheresse, etc.

131 variétés différentes de blé tendre étaient vendues en France en 1955, 355 l’étaient en 2016.

Une plus grande diversité d‘espèces et de variétés pour les agriculteurs et les consommateurs

Comment se traduit cet enrichissement de la biodiversité agricole ? Elle s’exprime par une pluralité d’espèces et de variétés disponibles à la culture (par exemple, l’Amandine et la Charlotte sont deux variétés de l’espèce pomme de terre, la Green Zebra et la Cornue des Andes sont deux variétés de l’espèce tomate).

104 variétés de pommes de terre étaient vendues en France en 1974, 333 en 2016.

Chaque variété d’une même plante possède des caractéristiques physiologiques différentes (taille, forme…), organoleptiques (goût), agronomiques (précocité, rendement…), mais aussi technologiques (capacités à subir des transformations : cuisson, congélation…). Ainsi, certaines variétés de maïs se prêteront mieux à l’alimentation humaine ou à l’alimentation animale, ou encore aux industries : amidonnerie, semoulerie, huilerie, distillerie, etc… Ainsi, en 2016, 1207 variétés de maïs étaient vendues en France, contre 353 en 1986.
Pour les légumes cultivés par les amateurs dans leur jardin, la diversification des variétés a permis de faciliter le jardinage, d’échelonner les semis et les récoltes, de varier les goûts et les usages culinaires, ainsi que les formes et les couleurs au sein du potager.

La biodiversité cultivée : un renouvellement permanent

Pour les espèces agricoles et potagères, les Catalogues français et européen des espèces et variétés référencent les variétés pouvant être vendues. Ces variétés sont pour l’essentiel des variétés récentes. En effet, chaque année les semenciers proposent à l’inscription au Catalogue français des nouvelles variétés. Ainsi, plus de 600 variétés potagères et agricoles sont inscrites.
Ce renouvellement variétal permanent constitue des réponses à des attentes importantes des utilisateurs, agriculteurs ou maraîchers, sur la productivité, la résistance aux maladies, l’adaptation à de nouveaux débouchés, mais aussi le goût, la teneur en sucre…
Grâce à un effort constant de création et de renouvellement variétal, la biodiversité se cultive au quotidien avec les 18 200 variétés d’espèces agricoles et 20 000 variétés d’espèces potagères vendues en Europe.

34 variétés de carotte étaient vendues en France en 1980, 78 l’étaient en 2016.

52 variétés de tomate étaient vendues en France en 1980, 480 l’étaient en 2016.

80 variétés de laitue étaient vendues en France en 1980, 430 l’étaient en 2016.

Le rôle actif des semenciers dans la conservation des ressources génétiques

Les nouvelles variétés de plantes sont créées par les sélectionneurs à partir des plantes existantes, c’est-à-dire à partir des ressources génétiques connues. C’est la raison pour laquelle les entreprises semencières contribuent activement à la conservation de la biodiversité agricole (variétés modernes mais aussi ancêtres sauvages et populations anciennes). En France, elles ont d’ailleurs été les premières à réaliser ce travail de conservation et de maintenance des plantes.

La gestion des ressources génétiques exige des compétences pluridisciplinaires, des lieux et des modes de conservation variés, ainsi qu’un suivi rigoureux. Aujourd’hui, entreprises semencières, recherche publique et associations d’utilisateurs, coopèrent au sein de 27 réseaux organisés par espèce ou par groupe d’espèces, pour réaliser ce travail de conservation.

Quelques chiffres

Nombre de variétés / accessions Melon Tomate Maïs Blé Tendre
Collection réseau 2367 941 1500 5500
Collection publique dite « nationale » 103 56 533 1781
Collection TIRPAA (Traité International sur les Ressources Phytogénétiques pour l’Agriculture et l’Alimentation) 533 1781
Collection INRA 2369 1400 3500 1291

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Contact :

Maïwenn Cougard
Chargée des Affaires publiques et presse
01 42 33 88 29
maiwenn.cougard@gnis.fr