Groupement National Interprofessionnel des Semences et plants
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Intercultures : pour un bon compromis entre intérêts agricoles et faune sauvage

02 juin 2017

Tous les chasseurs ne sont pas agriculteurs et tous les agriculteurs ne sont pas chasseurs. Mais tous ont en commun d’être les premiers acteurs de la gestion des territoires. La plupart d’entre eux sont aussi conscients que l’environnement et la biodiversité sont des sujets sur lesquels ils sont parmi les plus aptes à être actifs et forces de proposition. Bien sûr, ces sujets concernent l’ensemble de la société et peuvent fédérer d’autres acteurs qui se sentent concernés.

Parmi les thèmes de travail et de réflexion pour favoriser la faune sauvage, il y a celui de la gestion des intercultures. Il convient de concilier agriculture et besoins de la faune. Il y a une trentaine d’espèces végétales utilisables mais pour bien les choisir il faut respecter la chronologie suivante.

Prendre en compte les besoins de l’agriculture

Les besoins de l’agriculture resteront prioritaires sur l’aspect cynégétique dans la plupart des cas. Pour choisir les espèces à utiliser, il y a 5 questions à se poser :

  • A quelle date se libère la parcelle et ce qu’il sera possible de semer ? Certaines espèces sont lentes d‘installation ou exigent de la chaleur et donc doivent être semées tôt.
  • Est-ce que dans rotation, il y a des espèces sensibles à des parasites qui seraient eux-mêmes des hôtes de la culture intermédiaire ? En effet il faudra éviter en interculture de semer de telles espèces.
  • Quelle sera la culture l’année suivante et la date de son implantation ? Il faut penser au risque de repousse, à la compétition hydrique au printemps et aux maladies communes.
  • Quel sera le mode de destruction du couvert végétal : par le gel, la sénescence, le roulage, le broyage (bien prendre dans ce cas des précautions d’effarouchement pour la faune sauvage), le labour… ?
  • Quels autres objectifs peut avoir l’agriculteur en plus de l’aspect faunistique : un intérêt agronomique particulier pour piéger les nitrates ou restructurer le sol, lutter contre l’érosion par l’eau ou le vent, produire un fourrage complémentaire, fixer l’azote pour laisser un reliquat pour la culture suivante, rechercher des vertus anti-nématodes ou enfin constituer une ressource alimentaire pour les abeilles ?

Prendre en compte les besoins de la faune sauvage

Les besoins élémentaires de la faune sauvage sont de : se nourrir, se cacher, se déplacer et voir sans être vu.

En plus de l’aspect plante-aliment, on distingue 4 types de plantes qui doivent être présentes dans un couvert floristique. Cela est très lié à la morphologie des espèces implantées.

  • Les plantes « gazon », qui couvrent le sol sans monter, ce qui permet des aires de détente et de déplacement.
  • Les plantes « jungle » : les plantes sont hautes et étouffantes, ce qui permet aux animaux de se cacher (RGI, avoine rude, trèfle d’Alexandrie).
  • Les plantes « phare » : il s’agit de plantes très hautes et éparses, qui vont permettre aux animaux de se repérer (tournesol, féverole).
  • Les plantes « parapluie » : les plantes sont semblables à un arbre en miniature. Les animaux sont cachés mais peuvent circuler facilement (moutarde, chou, sarrasin).

L’idéal est que les espèces basses et hautes soient placées par bande en alternance afin de constituer un maximum d’effet de lisière et permettre aux animaux de voir sans être vus. Ceci complique un peu le travail d’implantation mais il faut se donner les moyens de son objectif.

Deux clés pour la réussite du semis : la qualité de la semence et la qualité de l’implantation

La qualité de la semence est essentielle. La réussite de la fonction attendue de la plante est directement liée à la couverture des sols par la plante et donc à la bonne faculté germinative.

Par ailleurs la qualité de la semence doit garantir l’absence de graines de plantes indésirables qui risqueraient de polluer les cultures suivantes. Les semences certifiées et les contrôles officiels réalisés doivent satisfaire à des règles de commercialisation qui assurent la qualité, la traçabilité et l’information pour l’utilisateur.

Soigner l’implantation de l’interculture

La période correspond à une période importante de travaux. Il faut cependant se donner les moyens de la réussite, à savoir une terre ameublie, aplanie, la semence enfouie à une profondeur qui correspond à sa grosseur puis plombée par un dernier passage de rouleau. Il existe toujours des solutions pour parvenir à simplifier le travail : par exemple travailler au niveau d’un territoire à plusieurs agriculteurs qui auraient chacun leur semoir adapté et réglé au semis d’une espèce particulière.

Faire de son exploitation un modèle tant agronomique que cynégétique par la diversité des plantes d’interculture est donc à la portée de chacun. C’est aussi une excellente image pour les agriculteurs qui seront ainsi perçus comme les vecteurs de la biodiversité et comme des passionnés de la faune et de la flore sauvages.

 

Outil d’aide à la décision pour choisir l’espèce adaptée en respectant l’intérêt agricole et la faune sauvage

Contacts :

Bruno Osson
Technicien Développement
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bruno.osson@gnis.fr

Maïwenn Cougard
Attachée de presse
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