Groupement National Interprofessionnel|des Semences et plants
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À l’heure des EGA, quelles sont les nouvelles attentes sociétales et ses impacts sur la filière française de semences de céréales ?

05 avril 2018

Jeudi 5 avril, le Gnis a réuni près de 150 acteurs de la filière afin d’assister à la Rencontre Filière Semences Céréales & Protéagineux 2018. Sylvie Brunel, géographe, écrivain et économiste et Sébastien Abis, chercheur associé à l’IRIS, directeur du Club Demeter, étaient les Grands témoins de cette matinée. Le député de la 3ème circonscription de l’Aube, Gérard Menuel, a clôturé quant à lui cette rencontre.

Thierry Momont, président de la Section Céréales à paille & Protéagineux du Gnis, a ouvert cette rencontre en insistant sur le fait que « l’agriculture a un besoin vital de la science pour relever le défi agroécologique tout en permettant de nourrir l’humanité ».

EGA : quel impact pour notre filière ?

Ce temps fort annuel dédié aux acteurs de la filière Semences Céréales à paille et Protéagineux a permis à l’ensemble des intervenants de partager, notamment, leur vision sur la filière à l’heure des EGA.

« Les Etats Généraux de l’Alimentation et la finalisation des Certificats d’Économie de Produits Phytopharmaceutiques se sont tenus dans un contexte particulier de conjoncture défavorable et de décroissance de nos métiers. Et ce sujet est probablement également l’une des raisons de l’insistance de l’Union Européenne et de la France à vouloir développer une filière protéines végétales. Car dans le système d’agroécologie, elles doivent venir largement complémenter l’alimentation en viande » a déclaré Thierry Momont.

Le député de la 1ère circonscription de la Creuse, Jean-Baptiste Moreau, a affirmé que le président Emmanuel Macron ne laissera pas les agriculteurs et les céréaliers dans une situation d’impasse technique : « La recherche variétale doit permettre une meilleure valorisation des productions et l’agriculture française a besoin d’une forte structuration de ses filières pour exister. Mais, il n’y aura pas d’interdiction de produits phytosanitaires avant l’apport de solutions alternatives ».

François Desprez, président du Gnis, reste optimiste : « Tous les acteurs des EGA ont souligné les attentes de l’amélioration variétale. Toutes les variétés inscrites au Catalogue permettront la réduction de fongicides. Vu l’unanimité des participants aux EGA sur le besoin d’innovation pour relever les nouveaux défis de l’agriculture, l’on trouvera forcément des solutions de financement. Le financement actuel de la création de variétés est une valeur plancher en-dessous de laquelle on ne pourra répondre aux attentes supplémentaires de la demande sociétale ».

Quant à Rémi Haquin, président du Conseil spécialisé céréales de FranceAgriMer, il précise que les semences permettent de coupler productivité, respect des attentes du marché et des citoyens et baisse de l’utilisation des produits phytosanitaires.

CEPP : les conséquences pratiques de leur mise en œuvre sur les semences certifiées

D’ici 2021, le ministère de l’Agriculture délivrera des Certificats d’Économie des Produits Phytopharmaceutiques aux entreprises qui proposent une gamme de services et de conseils permettant aux agriculteurs de réduire de 20% la quantité de produits phytopharmaceutiques utilisée par rapport à son niveau moyen de la période 2011-2015.

Pour Christian Huyghe, président de la Commission indépendante d’évaluation des fiches action du dispositif des CEPP : « Les CEPP sont dans une logique vertueuse pour mettre en lumière les bonnes pratiques. Il faut construire l’agriculture de demain dans une dimension écosystémique. Les variétés de céréales sont considérées comme des solutions ».

Thierry Momont regrette que l’impact variétal ne soit pas plus largement pris en compte dans les CEPP et que la semence certifiée ne soit pas considérée comme un élément garantissant la mise en culture de variétés répondant aux attentes de réduction de l’utilisation des produits phytopharmaceutiques.

Les distributeurs et le conseil agricole pourraient ainsi orienter les agriculteurs vers des variétés plus résistantes, introduire dans la protection des cultures des produits de biocontrôle ou encore les inciter à recourir à des OAD.

Quel avenir pour la protéine française ?

Le blé français subit des distorsions de concurrence qui ne lui permette pas d’être compétitif en termes de prix, a fortiori avec une parité dollar-euros qui n’est pas favorable actuellement. Ce point, couplé à son taux de protéines, le défavorise sur les marchés export. Il est donc impératif de conserver et d’améliorer les moyens de production afin de développer les volumes et les qualités en France.

Pour David Gouache, directeur adjoint et directeur des opérations de recherche, d’étude et d’expérimentation chez Terre Innovia : « Le rôle de la protéine française c’est aussi d’aller chercher de la compétitivité. Pour réussir à l’export, il faut anticiper en soutenant les budgets de recherche. La semence est la première logique vertueuse de financement de la recherche. Les fragilités agronomiques des cultures protéagineuses peuvent être réglées par la génétique ».

La création variétale permet de résoudre ce problème.

En conclusion de cette matinée, Thierry Momont a ajouté : « La semence certifiée doit être enfin considérée comme un outil d’une agriculture plus vertueuse. Grâce à son climat et à ses sols, la France a le devoir moral de produire pour ceux qui ne le peuvent pas. Je suis consterné d’entendre que la France n’a pas vocation à exporter des céréales. L’agriculture doit expliquer aux gens qu’elle n’est pas responsable de leurs mauvaises habitudes alimentaires. On peut être fier du monde agricole ».

Gérard Menuel, député de la 3ème circonscription de l’Aube, a conclu quant à lui les débats en disant : « L’innovation variétale est l’une des propositions concrètes du rapport sur l’utilisation des produits phytosanitaires. Pour compter sur les variétés résistantes, n’hésitons pas à nous tourner vers les nouvelles techniques de recherche ».

Contacts :

Rosine Depoix
Chargée de mission médias
01 42 33 88 29 – 06 66 46 74 70
rosine.depoix@gnis.fr

Julien Constant
Secrétaire général – Section Céréales à paille & Protéagineux
01 42 33 78 01 – 06 63 69 69 45
julien.constant@gnis.fr